Histoire de la terre 11 - Reproduction sexuée et organismes vivants
Après les glaciations de la Terre boule de neige, le climat se réchauffe. Une fois les océans dégelés, la surface de la Terre devient un espace de plus en plus dynamique, marqué par des gradients chimiques, thermiques et biologiques importants. La biosphère, qui avait résisté dans des refuges, entre dans une phase de recomposition.
Parmi les inventions de cette époque - il y a 1,5 milliard d’années -nous allons parler de la reproduction sexuée. On imagine de prime abord qu’un être vivant qui se multiplie se perpétue en se copiant.
Pendant des milliards d’années, c’est exactement ce qui s’est passé. Les bactéries, par exemple, se divisent en deux. Une cellule devient deux cellules identiques. Rapide, efficace…
Mais copier à l’identique n’est pas toujours une bonne idée. Dans un monde où tous les individus sont identiques, si un parasite, une maladie ou un changement de climat apparait, tout le monde est touché de la même façon. C’est la grande faiblesse du vivant cloné.
La reproduction sexuée a inventé le mélange et l’amélioration continue. Deux individus mettent en commun leur patrimoine génétique et donnent naissance à un être unique.
La conséquence immédiate, c’est la création de diversité. Dans une population, certains individus seront plus résistants que d’autres. Certains supporteront mieux une sécheresse. D’autres résisteront mieux à une maladie. Les plus résistants auront le plus de chances de survivre, donc de transmettre leurs gènes. C’est là que la reproduction sexuée rejoint la grande mécanique de l’évolution : elle fournit la matière première sur laquelle agit la sélection naturelle.
Rester génétiquement identique, c’est devenir une cible facile pour les parasites. La reproduction sexuée permet au contraire une forme de fuite en avant : les combinaisons génétiques changent en permanence, donnant la possibilité de s’adapter.
Autre avantage, plus discret mais tout aussi important : le nettoyage du génome. Au fil du temps, des mutations aléatoires apparaissent. Certaines sont bénéfiques, mais beaucoup sont défavorables. Chez les organismes clonés, ces mutations accidentelles s’accumulent et affaiblissent la population. La reproduction sexuée, elle, permet de redistribuer les cartes et d’éliminer plus facilement les mauvaises combinaisons.
Cette capacité d’adaptation et d’évolution a un coût. Il faut trouver un partenaire, produire des gamètes, investir du temps et de l’énergie sans être sûr de transmettre tous ses gènes, puisqu’on n’en transmet que la moitié.
Mais dans un monde changeant, imprévisible et compétitif, la diversité est plus importante que la rentabilité. Grâce à la reproduction sexuée, le vivant a pu explorer une multitude de formes, de stratégies, d’adaptations.
À ce moment de l’histoire de la Terre, la vie possède déjà des outils décisifs. La production d’énergie est efficace et compartimentée. La différenciation cellulaire est possible. La coopération entre cellules peut être stable. Mais une étape reste à franchir?: passer d’organismes microscopiques pluricellulaires à des formes macroscopiques, visibles, organisées à l’échelle de l’espace.
Côté paysage terrien, nous en sommes à l’époque du supercontinent Columbia qui se disloque sous la pression du magma et Rodinia (qui veut dire patrie en russe) se forme il y a 1,2 milliard d’années. Mais le vivant visible dont nous allons parler maintenant est toujours uniquement dans les océans.
Les premiers organismes pluricellulaires complexes n’apparaissent pas comme une explosion soudaine, mais comme une série d’expérimentations, il y a environ 600 millions d’années.
La pluricellularité existe déjà, mais elle devient désormais structurée, durable, inscrite dans des cycles de vie complets. Les cellules ne sont plus simplement associées?: elles sont organisées selon des plans d’ensemble. Certaines assurent la structure, d’autres la nutrition, d’autres encore la reproduction.
Pour la première fois, le vivant devient visible selon notr
Parmi les inventions de cette époque - il y a 1,5 milliard d’années -nous allons parler de la reproduction sexuée. On imagine de prime abord qu’un être vivant qui se multiplie se perpétue en se copiant.
Pendant des milliards d’années, c’est exactement ce qui s’est passé. Les bactéries, par exemple, se divisent en deux. Une cellule devient deux cellules identiques. Rapide, efficace…
Mais copier à l’identique n’est pas toujours une bonne idée. Dans un monde où tous les individus sont identiques, si un parasite, une maladie ou un changement de climat apparait, tout le monde est touché de la même façon. C’est la grande faiblesse du vivant cloné.
La reproduction sexuée a inventé le mélange et l’amélioration continue. Deux individus mettent en commun leur patrimoine génétique et donnent naissance à un être unique.
La conséquence immédiate, c’est la création de diversité. Dans une population, certains individus seront plus résistants que d’autres. Certains supporteront mieux une sécheresse. D’autres résisteront mieux à une maladie. Les plus résistants auront le plus de chances de survivre, donc de transmettre leurs gènes. C’est là que la reproduction sexuée rejoint la grande mécanique de l’évolution : elle fournit la matière première sur laquelle agit la sélection naturelle.
Rester génétiquement identique, c’est devenir une cible facile pour les parasites. La reproduction sexuée permet au contraire une forme de fuite en avant : les combinaisons génétiques changent en permanence, donnant la possibilité de s’adapter.
Autre avantage, plus discret mais tout aussi important : le nettoyage du génome. Au fil du temps, des mutations aléatoires apparaissent. Certaines sont bénéfiques, mais beaucoup sont défavorables. Chez les organismes clonés, ces mutations accidentelles s’accumulent et affaiblissent la population. La reproduction sexuée, elle, permet de redistribuer les cartes et d’éliminer plus facilement les mauvaises combinaisons.
Cette capacité d’adaptation et d’évolution a un coût. Il faut trouver un partenaire, produire des gamètes, investir du temps et de l’énergie sans être sûr de transmettre tous ses gènes, puisqu’on n’en transmet que la moitié.
Mais dans un monde changeant, imprévisible et compétitif, la diversité est plus importante que la rentabilité. Grâce à la reproduction sexuée, le vivant a pu explorer une multitude de formes, de stratégies, d’adaptations.
À ce moment de l’histoire de la Terre, la vie possède déjà des outils décisifs. La production d’énergie est efficace et compartimentée. La différenciation cellulaire est possible. La coopération entre cellules peut être stable. Mais une étape reste à franchir?: passer d’organismes microscopiques pluricellulaires à des formes macroscopiques, visibles, organisées à l’échelle de l’espace.
Côté paysage terrien, nous en sommes à l’époque du supercontinent Columbia qui se disloque sous la pression du magma et Rodinia (qui veut dire patrie en russe) se forme il y a 1,2 milliard d’années. Mais le vivant visible dont nous allons parler maintenant est toujours uniquement dans les océans.
Les premiers organismes pluricellulaires complexes n’apparaissent pas comme une explosion soudaine, mais comme une série d’expérimentations, il y a environ 600 millions d’années.
La pluricellularité existe déjà, mais elle devient désormais structurée, durable, inscrite dans des cycles de vie complets. Les cellules ne sont plus simplement associées?: elles sont organisées selon des plans d’ensemble. Certaines assurent la structure, d’autres la nutrition, d’autres encore la reproduction.
Pour la première fois, le vivant devient visible selon notr
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